Comment fonctionne l’auriculothérapie - neuromodulation auriculaire - acupuncture auriculaire ?

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Le mécanisme de l’auriculothérapie repose sur le triptique sensibilisation - boucle réflexe - somatotopie

L’auriculothérapie se base sur trois observations cliniques que tout un chacun peut reproduire.

Premièrement, une douleur corporelle ("somatique") est associée à une hypersensibilité sur zone délimitée ("circonscrite" ) du pavillon auriculaire ou de la conque. Cette hypersensibilité s'appelle "allodynie" en langage médical. Cette zone circonscrite sur l'oreille s'appelle "point" en auriculothérapie et acupuncture auriculaire, ou "zone" en neuromodulation auriculaire.
Deuxièmement, la stimulation de la zone sensibilisée génère une action thérapeutique. Cette observation est évidente dans le cas d’une douleur aiguë et n'est pas spécifique à l'oreille. Les rebouteux connaissaient déjà cette pratique et, sous prétexte de "remettre un nerf en place", exerçaient sur une zone sensibilisée une stimulation douloureuse. Les ostéopathes d'aujourd'hui ne remettent plus les nerfs en place, mais exercent des techniques dites "cutanées" ou "neurocutanées", la plus connue étant le palper-rouler. Sur l'oreille, c'est la même chose !
Troisièmement: la distribution de ces zones hypersensibles suit une organisation topographique particulière, comme une carte. Cette organisation est appelée "somatotopie". Ainsi, certaines zones du corps vont s'exprimer sur certaines zones de l'oreille. Tout le monde a en tête l'image du "foetus inversé", mais cette représentation est trompeuse et induit de faux raisonnements. La réalité est un peu plus complexe.

La stimulation de l’oreille entraine une réponse parasympathique

La stimulation de certaines zones de l’oreille génère une réponse parasympathique. Parmi ces zones, la plus étudiée a été l’hémiconque supérieure qui est innervée à 100% par le nerf vague (Peuker et al 2002, Butt et al 2019). Chose plus surprenante, mais observée chez l'animal uniquement, la la stimulation auriculaire induit aussi une réponse .... sympathique (Strack et al, 1990). Grâce à l’IRM fonctionnelle, on sait que la stimulation de zones différentes sur l’oreille génère des réponses différentes (Yakunina et al, 2017). Fait notable, toutes les informations passent d’abord par deux relais: le noyaux du tractus solitaire et le locus coeruleus. Ensuite, il est observé une activation ou une inhibition des certaines zones cérébrales ( noyaux ou zones d’intérêt). Ainsi, la stimulation du pavillons auriculaire induit une modulation de certains réseaux neuronaux, d’où le terme de “neuromodulation auriculaire”. Malheureusement, très peu de zones de stimulations ont été étudiées, et le paradigme de stimulation imposé par l’IRM fonctionnelle ne correspond pas tout à fait à la pratique courante.
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